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  • : Mon but est de donner à lire des poèmes personnels, ou d'autres auteurs parfois ; des nouvelles, des notes sur le vocabulaire, la poésie, etc. Il s'agit d'un blog littéraire, en réalité.
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  • : 05/03/2007

Commentaires Récents

Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 14:58
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   Politique, économie – Il suffit que trois ou quatre types, inconnus de tout le monde, cloîtrés dans un bureau luxueux, grassement payés, s’érigent en justiciers et décrètent que la France vient de perdre son triple A pour que la dite France se mette à pleurnicher, à braire comme un âne dont la charge est trop lourde à porter. Nos gouvernants acceptent sans broncher la dictature d’agences dites de notation, uniquement étasuniennes, qui font et défont les pays selon des critères, sans doute louables à leurs yeux, mais douteux aux yeux des peuples. L’on sait que la dégradation de la note d’un pays pèse lourdement sur son économie, sur ses finances, sur la confiance que leur accordent les prêteurs et sur les intérêts de la dette ; donc, c’est le peuple qui subit les conséquences de cette dégradation arbitraire, qui paie le plus lourd tribut à l’imprévoyance et à l’aveuglement des dirigeants. Alors qu’on vient en aide à un malade dont l’état de santé s’aggrave, on pénalise un peu plus un État dont la santé économique n’est pas florissante. On achève même les pays les plus faibles, on peut le dire, en soumettant leur dette à des taux d’intérêt tellement élevés qu’ils sont incapables de répondre aux sommations de leurs créanciers. Éluard écrivait « par le pouvoir d’un mot… je suis né pour te connaître pour te nommer liberté ». Sur le plan économique, l’agence de notation pourrait dire : par le pouvoir d’une lettre, je suis né pour te détruire, liberté.

Bon dimanche, rares amis lecteurs ! Étienne.

Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 14:45
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   Bon début – Mon premier poème de l’année a vu le jour dès l’aube. L’incroyable s’est produit lors de sa relecture, quelques instants plus tard, ne comprenant pas bien ce que j’avais voulu signifier. Il arrive que l’on se  surprenne à tenter de comprendre ce que l’on vient d’écrire. Ainsi donc, je perdis en un clin d’œil la compréhension de mon texte. Ce phénomène n’est pas récent, mais il a tendance à s’accentuer ; je n’ai aucune explication à en donner. Essayez d’imaginer dans quel état peut-on se trouver, quand on ne se comprend plus tout à fait le monde poétique que l’on décrit ! Le mystère de l’écriture et de son jaillissement dans l’esprit reste entier.

Voici mon premier petit texte de l'année ; je ne suis pas très assidu, amis ! Bonne année à tous. Étienne.

Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 16:56
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  Banalité – Les petites choses de la vie sont de grands remèdes pour l’esprit. C’est à ces petits événements sans importance, à ces bagatelles de la nature ou du quotidien que je confie mes doutes, mes peines et mes joies afin qu’ils me réconfortent par l’entremise de leur paisible beauté. Ainsi, l’éclosion d’une rose ordinaire, même dans son vase, me donnera pour la journée une étincelle d’espoir, qui s’éteindra malheureusement trop vite. La chute normale des pétales sur la nappe de la table m’offrira l’occasion d’entamer une réflexion sur la condition de ce qui est mortel. Il ne faut pas croire que la mort d’une rose soit quelque chose de foncièrement triste. La logique de l’impermanence des choses appelle cette mort.

Amis lecteurs, merci de votre attention. Étienne.

Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 17:04
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   Électrification – Je considère l’utilisation d’un fauteuil roulant électrique comme la naissance d’une blessure, d’une mortification. Ce n’est pas une liberté retrouvée, mais une liberté perdue, abandonnée par obligation. La liberté consiste à pouvoir courir dans un chemin forestier quand on le souhaite ; ou à visiter une exposition spontanément, sans être contraint de préparer sa sortie de quelques heures comme un long voyage. L’électrification de ses déplacements représente une régression, même si celle-ci est nourrie par une nécessité, c’est-à-dire par l’aggravation d’un état de santé vacillant. Il ne s’agit nullement d’un commencement, mais d’une fin qui prend l’apparence d’une abdication de l’organisme, d’une  défaite de l’homme, incapable de soigner les maux dont il est victime, de réparer les outils de sa déambulation, alors que cet Homme, que l’on dit de génie, est très efficace dans la destruction de son niveau social, de son économie, de son environnement, et qu’il est quasi infaillible dans la recherche technologique, les trouvailles informatiques et l’industrie militaire, grâce, dit-on, à son intelligence supérieure. Bref ! l’électrification de ma pseudo autonomie me déplaît au plus haut point. La prétendue avancée que l’on me garantit tient plutôt du recul. La dépendance sera à son paroxysme ; je ne la supporte pas !

Bonne lecture, amis. Étienne.

Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 10:28
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   Livre – A. Sublet recevait Jean d’Ormesson, au cours d’une émission de télévision du début de ce mois, « C à vous », sur la 5, en début de soirée. L’écrivain, toujours aussi charmeur et beau parleur, répondant aux questions qu’on lui posait sur son travail d’écriture, affirma qu’il travaillait environ huit heures par jour, seulement muni de feuilles blanches au format standard, d’un crayon de papier et d’une gomme. Jamais il n’avait dérogé à cela depuis qu’il exerçait ce merveilleux métier. Il ajouta qu’il gommait énormément, qu’il remettait constamment son manuscrit sur le métier, et que s’il réussissait, dans sa journée, à écrire vingt lignes correctes, il était pleinement satisfait. Je pensais qu’un écrivain de cette envergure pût écrire davantage. Sur le coup, je fus un peu déçu. Puis, examinant de plus près ce que je produisais moi-même, comme écrivain bien modeste et inconnu, je m’aperçus, terrifié, que ma pauvre plume noircissait encore moins de papier que d’Ormesson, en moyenne, qu’elle était donc aussi avare que la mienne. J’en conclus que, tout sublime que soit ce métier, il est plus difficile de remplir une page que l’esprit ne l’imagine.

Bon dimanche. Étienne.   

Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 14:39
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   Observations – Quelques jours d’ensoleillement satisfaisant comblent en partie le retard accumulé au cours d’un été frais, humide et sans saveur, par ailleurs tragique pour notre famille, et, dans le domaine public, rempli d’affaires politiques et financières qui touchent directement les plus hautes autorités de l’État. En plaine, on entend les fusils claquer derrière notre potager ; ce n’est pas la guerre, mais l’ouverture de la chasse, tellement attendue par des milliers de passionnés. Les feuilles du prunier jaunissent rapidement ; on coupe les fleurs fanées dans les parterres. Dans le courant de la semaine, l’ami André P. m’a écrit que : « Les poètes n’inventent rien mais laissent parler la vie à travers ses images, ses surprises et sa réalité. Tout est dicté par notre cœur, notre destin personnel, le vécu des choses qui nous arrivent et nous atteint, la vision du monde et de l’environnement qui nous entoure. Le théâtre de la vie. » Lui répondant, je lui explique que je nuancerais son propos. Il est vrai que nous prenons nos images dans la réalité des paysages, de notre quotidien et des événements qui le rythment. Mais le poète – comme le romancier, d’ailleurs – possède cette grande faculté d’imaginer une autre géographie, par le biais de sa propre philosophie. Choisissant les éléments de son écriture au sein même des paysages qui l’entourent et des situations qu’il vit, il peut les transposer dans un univers totalement imaginé, selon le chemin qu’il lui sied d’emprunter. Le travail du poète n’est pas de tout repos ; il ne se réduit pas à une simple copie poétisée de la nature et des événements traversés. Le réel ordinaire ne représente que la base simplifiée de la mission que le poète se charge d’accomplir. Partant de ce camp de base, il peut ensuite monter à l’assaut de toutes les montagnes de l’impossible que son esprit a en vue.

Texte écrit le 25 septembre. Bonne lecture. Étienne.

Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 16:06
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   Petite histoire vraie – N. appela un antenniste pour qu’il effectue divers réglages de son installation de télévision, le fonctionnement de celle-ci laissant à désirer. Le technicien, d’une cinquantaine d’années, vivait seul ; il avait beaucoup tâté de la bouteille par le passé et en tâtait sûrement encore ; il tremblait comme une feuille au vent. Il avait comme autre particularité de transpirer énormément, sans doute à cause du contenu des bouteilles qu’il avait vidées dans ses tuyauteries, et il était donc imprégné d’une forte odeur de suint, caractéristique des personnes victimes d’une sudation abondante. Du coup, ses commanditaires se trouvaient un peu gênés par le « parfum » ; les enfants, surtout, étaient fortement incommodés. Le spécialiste exécuta son travail, on le lui régla, on lui offrit une boisson et il partit. Au père, qui revenait du travail, le petit de la maison, âgé de cinq ou six ans, dit : « Ça sent le Monsieur, ici ! », ce qui, bien sûr, fit rire toute la famille. Voilà ce que c’est, que d’être un pue-la-sueur !

Bonne semaine, rares amis lecteurs. Étienne.

Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 14:56
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   Handicap – La maladie évolutive et invalidante est humiliante pour celui qui la porte ; c’est un fardeau que personne n’est en mesure d’alléger. Presque chaque jour, un poids nouveau s’ajoute à la masse de difficultés accumulées depuis des lustres, à cause d’un muscle qui faiblit soudainement ou qui lâche comme un élastique usé, à cause d’un mouvement qui refuse de s’accomplir sous les ordres du cerveau. Même si, au fond de soi, on ne se sent pas ridicule, on en a vraiment l’air aux yeux des autres, tassés que nous sommes, sur notre fauteuil roulant et voués au rythme lent qui nous caractérise. À la longue, nous finissons par baver lors des repas, nous laissons tomber notre cuiller, nous peinons à porter à la bouche une fourchette emplie de purée – avec des petits pois, c’est pis encore mais tout le monde se marre ; nous avons mal au dos, aux épaules, aux mains, lesquelles lâchent objets et papiers que nous ne pouvons pas ramasser ; nous sommes victimes d’insomnies et de fatigues insidieuses, etc. La liste est très longue, des complications rencontrées. On nous regarde d’un œil torve, car un fragment d’aliment vient de se loger entre deux lames de parquet, ou tache la netteté du carrelage, nettoyé le matin même. Pour les handicapés lucides mais gênés, c’est la consternation, la détresse, l’épouvante, ils sont souvent pris d’une panique irraisonnée qu’ils montrent rarement ; d’autres, plus désinvoltes, s’en amusent en provoquant un peu les grincheux. Quand un changement intervient dans la vie quotidienne, en général les angoisses crispantes apparaissent. Par exemple, quand l’évolution de la maladie s’accentue, la crainte de l’immobilité plonge le malade dans une anxiété brûlante, pathologique. Les bouleversements matériels et les modifications indispensables mais brutales de l’environnement changent la vision que les handicapés en ont, et ils parviennent avec peine à assimiler les mutations. La maladie grave, comme la vieillesse, est un naufrage, une capitulation de la vie et, par conséquent, la prise de pouvoir de la mort, même si celle-ci n’intervient pas de suite, laissant opérer ses collaboratrices : la souffrance, la décrépitude, la détresse et la déchéance. La vie possède ainsi le génie suprême de produire de multiples tares de différentes natures, qu’elle ne peut guérir.

Amicalement, chers rares lecteurs. Étienne.

Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 17:13
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   Écriture – Un certain nombre d’individus tiennent une sorte de journal intime, inscrivant sur ses pages les dates de leurs sorties, les personnes rencontrées ainsi que les dates et les lieux de ces conciliabules moroses, des informations générales sur leurs activités, etc. ; ou établissent des relevés de températures accompagnés de données météorologiques. D’autres écrivent de petits poèmes de circonstances sur les baptêmes, les mariages, les deuils, leurs enfants, leur famille, etc. D’autres encore notent des renseignements relatifs à l’actualité, jettent sur le papier, très vite et sommairement, leurs impressions existentielles ou collectent des recettes de cuisine. D’une certaine manière, on pourrait dire qu’ils sont écrivains, puisqu’ils écrivent quelque chose. Or, cette façon de procéder ne ressemble en rien au vrai métier d’écrivain ; ce sont des textes sans prétention, sans valeur  et sans aspect purement littéraire, sans matière noble. L’écriture disons, professionnelle, représente bien autre chose ; elle a du poids, de la consistance, de l’intensité, du volume, et, de plus, elle isole. Celui qui se consacre à l’art littéraire devient rapidement solitaire, reclus. Le métier d’écrivain éloigne, confine, écarte de la vie ordinaire. Face à sa feuille et à ses doutes, face à ses recherches et à ses convictions, l’écrivain se sent seul ; il ne peut prendre appui sur rien ni personne : il est par ailleurs un autre quelqu’un, sorti de sa propre intimité. « Je est un autre », affirmait Arthur Rimbaud.

Bonne lecture, amis ! Étienne.

 

Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 16:13
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   « Compté » - Nous pourrions tous écrire un ouvrage qui répondrait à la question que se posait Jacqueline de Romilly, académicienne, avant de rédiger son dernier livre. « Quelle est la personne qui a le plus compté pour moi ? », s’interrogeait-elle. C’était sa mère, elle a donc écrit un livre sur elle. Je me suis aussi posé la même question et y ai longuement et honnêtement réfléchi. Aucune réponse vraiment imparable ne s’est imposée à moi. Mes parents, responsables de ma conception comme de ma bonne éducation, reçoivent naturellement dans mon petit cœur la médaille d’or de l’importance vitale et morale. Ils contribuèrent, pour une grande part, à faire de moi ce que je suis. Cependant, représentent-ils les piliers essentiels du modeste temple que je bâtis petit à petit depuis des lustres et qui fait de moi l’être que je suis devenu, un peu poète, un peu écrivain, un peu artiste, un peu tout et rien ? La petite culture que j’ai acquise, le caractère que je me suis construit ne provient pas d’eux. Sans vouloir être prétentieux, je me suis façonné seul, remettant chaque jour mon ouvrage sur le métier, méditant, me cultivant, me confrontant à l’adversité, dressant la table de mes doutes, puis de mes certitudes, contrôlant mes pulsions, forgeant mes qualités, mais peut-être aussi mes défauts. À mes côtés, mes parents demeurent la source de mes revenus moraux ; ils eurent une culture terrienne qu’ils mon inculquée, mais pour ce qui est du domaine de la connaissance et du savoir, je ne regarde pas de ce côté-là pour chercher le nom de la personne qui a le plus compté pour moi. Sans doute faudrait-il fouiller du côté de mon instituteur de l’école primaire, et de mes professeurs du collège comme du centre de réadaptation de Mulhouse. Ce sont eux qui ont posé leur empreinte culturelle sur ma petite personne ; ce sont eux qui m’ont enseigné les lettres et les arts, qui m’ont inculqué le goût de la beauté artistique. Cela ne signifie pas que je réduis mes parents à la portion congrue de mon apprentissage élémentaire ; leur importance fut capitale pour mon élévation au rang d’être humain respectable et digne, mais d’autres sources ont alimenté la rivière de ma modeste Connaissance.

Bonne lecture, amis. Étienne.

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