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  • : le blog aquapomu
  • : Mon but est de donner à lire des poèmes personnels, ou d'autres auteurs parfois ; des nouvelles, des notes sur le vocabulaire, la poésie, etc. Il s'agit d'un blog littéraire, en réalité.
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 16:12
Les « grands écrivains » contemporains sont les comédiens, les chanteurs, les politiciens, les sportifs de toute nature, les présentateurs, les journalistes. Beaucoup de membres de ces catégories publient « leur » livre ; ils ont tant de choses à dire ! Sauf leurs travers, leur mépris d’autrui, leur hypocrisie. Ils se présentent en vedettes incontournables du savoir, en étoiles de la littérature contemporaine. Ils sont les invités privilégiés des journaux télévisés et des émissions fourre-tout. Ils vantent et vendent leur marchandise ; ils célèbrent leur célébrité. Les éditeurs se les arrachent, ils représentent des mines d’or, pour eux. Les nombreux lecteurs déculturés s’arrachent les livres des dits écrivains, sans autre talent que leur notoriété, à quelques exceptions près. La culture a changé de nature ; le « pipole » l’emporte sur le style, la classe et le génie.
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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 11:31

~~ Mauvaise foi – Cette pseudo maladie de l’esprit se diagnostique quand une personne assène ses certitudes en sachant qu’elles sont fausses, quand elle est en conflit permanent avec autrui, quand son complexe de supériorité lui fait constamment provoquer des altercations dans le but de pourrir les conversations. C’est quelqu’un qui commence souvent un entretien par ces mots : « Je vais te dire quelque chose, mais surtout, ne te fâche pas ! », sachant très bien que ses propos vont blesser, qu’ils vont briser les reins des auditeurs, souvent choisis parmi ceux qui sont en état d’infériorité. C’est quelqu’un qui est imbu de sa personne, qui tend à dominer et dont les propos sont déraisonnables. L’homme de mauvaise foi est en mauvais termes avec ses voisins et avec sa famille ; il a peu ou pas d’amis véritables ; il reçoit peu ; il est sectaire. C’est une sorte de pater familias qui gouverne son petit univers sans se préoccuper des heurs et malheurs du monde. Il n’accepte aucun compromis. Il est agressif, querelleur, belliqueux ; c’est un démolisseur. Là où il sévit, l’amitié ne repousse pas ! Étienne Parize

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 16:34

~~C’est une petite chose, un mot, une tentative de déstabilisation, un mensonge – le plus souvent – qui gonfle comme un ballon de baudruche, comme le membre minuscule qui se prend une érection. Cela commence à peine comme le battement d’ailes d’un papillon et finit comme le bruit de dix mille bouches qui prononceraient en même temps le même mensonge. Cela devient un fleuve torrentueux qu’on ne peut arrêter ; comme la bouche d’un volcan inextinguible, toutes proportions gardées. Quand on est la victime d’une telle machination, l’on est le spectateur médusé, l’auditeur interloqué de sa propre dévalorisation ; dans ce cas précis, on pourrait presque affirmer qu’il s’agit d’une diffamation. Deux ou trois langues vipérines ont murmuré dans le pavillon de deux ou trois oreilles attentives que celui-là « a ses humeurs, qu’il est en quelque sorte caractériel, que sa famille est bizarre… », toutes ces paroles prononcées avec conviction, mais dans la seule intention de faire le mal et de nuire, les affirmations péremptoires étant fausses, naturellement. Le papillon s’est envolé, et le courant d’air produit s’est mis à gonfler, gonfler, gonfler. Tout le village inhale maintenant l’air vicié que deux ou trois bouches malfaisantes exhalent, jubilant de produire un tel effet.

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 16:49

~~Un poète nous a quittés en novembre, il y a donc quelques semaines. Il est toujours triste de perdre l’un des siens. J’ai dû rencontrer deux ou trois fois son nom dans des revues, et, n’ayant jamais eu affaire à lui, on ne pourra pas m’accuser d’avoir une quelconque animosité envers sa personne. Mon propos concerne la poésie et n’a d’autre but que de me dresser contre des textes faciles, afin que l’écriture demeure une discipline digne et noble. Je connaissais donc à peine ce poète lorsque j’ai reçu par la messagerie l’un de ses poèmes, daté de 1955, et quelques informations sur sa vie. L’une d’elles expliquait que Bernard Heidsieck était un poète « essentiel » du 20e siècle, un maître de la « poésie sonore ». Très bien ! La lecture du dit poème m’a cependant laissé pantois. En voici quelques vers : « Si vite qui bat si fort / se singe à mort sa métrique / De soi de calcul s’emmaillote / Petits pas / Les yeux clos s’encalcule / Pas à pas en rond t’articule / Pouce à pouce / Fil à fil / Se tresse te trame et te coud / Aïe Dieu sait comme / Comme de juste / Comme il faut / je tu il », etc. Il me semble que ce genre de « poème » entre davantage dans le domaine de la psychiatrie que dans celui de la poésie. Je m’explique. Selon moi – et sans doute selon beaucoup d’autres écrivains et poètes – un poème doit avoir du sens, exprimer une pensée, expliquer, décrire, traduire un sentiment, construire un imaginaire. S’il falsifie et déforme le langage, s’il n’exprime rien, il n’appartient pas au domaine de la poésie. La valeur intrinsèque d’un mot est absolue. Les mots posés sur la page l’un après l’autre ont chacun leur propre sens, leur propre limite, leur image personnelle. Les relier entre eux par des valeurs communes sur l’échelle du sens s’appelle « écrire ».Leur donner un sens collectif est donc le devoir de tout locuteur. Si ce principe n’est pas respecté, la phrase – ou le vers – devient incompréhensible. Le texte s’abolit lui-même, le livre s’interdit toute vie. Comment montrer aux enfants, et même aux adultes, que le poème dont je vous ai copié un extrait dépend de la langue française, alors qu’il la fuit, qu’il renonce à elle, qu’il lui nuit ? D’ailleurs, enfants comme adultes, ont l’aptitude à écrire ce genre de texte mineur ; il suffit de mettre bout à bout des noms communs, des verbes, des déterminants et des conjonctions, etc., et le tour est joué ; voilà notre « poème » prêt pour la parade ! Des vocables créés de toutes pièces sans respecter une certaine logique, une certaine étymologie ne font qu’alourdir la litanie. Chaque mot a une signification précise servant à désigner, à nommer, à apporter son patrimoine au monde des lecteurs ; on peut aussi dire qu’il possède une saveur, un goût, une lumière ; il contient son propre alcool, qui nous enivre ou nous laisse indifférent. Il suffit de dire : fleur, mère, secret, maison, pour avoir une connaissance immédiate du mot, pour savoir son poids, ses dimensions, sa fonction, pour en délimiter le champ d’action. Les mots de base de notre langue ont été créés il y a des siècles ; avec eux, de multiples assemblages signifiants ont vu le jour, assemblages grâce auxquels les hommes ont appris à organiser la pensée, à la structurer et à la transmettre. Si des individus suffisants, pour paraître, déstructurent, brisent ou blessent la langue, elle est intransmissible et la pensée s’arrête de produire ce que l’on peut nommer la littérature, la philosophie, etc. Je ne nie pas que des expériences sur le langage aient pu être tentées ou le sont encore, dans la sphère personnelle ou au sein d’un cercle restreint ; mais ce qui doit être transmis en tant que « littérature » communicante ne peut appartenir qu’au domaine du compréhensible pour tous. Même s’il appartient à un domaine spécialisé, un texte doit au moins pouvoir être lu par un profane. Si ce n’est pas le cas, il ne sert pas la cause de la matière qu’il est censé défendre.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 16:12

~~Dans ce monde de guérillas urbaines, de corruptions, de mécontentements divers et variés, de guerres, de maladies, d’erreurs, d’abus, de pillages, d’égoïsmes, de chômage, de manifestations, d’extrémismes violents, de révolutions, de grèves, de mensonges, de délinquance, de terrorisme, d’enlèvements, de rançons, etc., etc., j’ai l’audace de vous présenter mes meilleurs vœux pour 2015. Que votre courage soit maximal pour affronter ce qui vous attend ! Ne désespérez pas, quelques îlots de bonnes et douces choses demeurent : l’amitié, l’art, la beauté… et si la santé les accompagne, il n’y a pas lieu de sombrer dans la mélancolie ! Bonne et heureuse année. Étienne

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 15:48

Concert –Il est entre quatre heures et demie et cinq heures du matin. Je suis assis dans mon lit, en train de déguster tranquillement le calme semi nocturne ; le jour point déjà timidement : c’est l’aurore ; une lueur incertaine frappe aux fenêtres, puis entre délicatement dans ma chambre, laquelle est démunie de volets depuis que je m’y suis installé. C’est alors que le concert commence. Un, puis deux, puis trois, puis dix oiseaux se mettent à vocaliser ; reconnaître le chant des oiseaux n’a jamais été mon fort. Mais j’avoue que la symphonie est alléchante ; les flûtes, les violons, les hautbois, les harpes, les piccolos s’en donnent à cœur joie. Je savoure ! Les musiciens suivent parfaitement leur partition ; point n’est besoin de chef d’orchestre pour les diriger ; chaque mouvement est exécuté magistralement et sans fausse note. Un vrai délice ! Seule ombre au tableau : on n’entend pas trisser les hirondelles. Toutes les années passées, elles ont répondu à l’appel du printemps. C’est la première fois qu’elles sont muettes ; sans elles, l’orchestre de l’aube est incomplet. Le couple que j’ai vu au mitan du mois d’avril est allé s’installer ailleurs, sans aucun doute.

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 16:01

Mains – Ce sont les miennes ! Elles tentent de saisir un objet, mais leur force de préhension est insuffisante. Ma main gauche est désormais malhabile, faible, inefficace, et la droite n’est guère plus brillante… Elles lâchent ce qu’elles prennent, ce qu’elles désirent ; le cerveau a beau leur commander toute une série de mouvements, elles refusent de les exécuter ; dès qu’elles touchent un objet, un document, on a l’impression que celui-ci s’enfuit, qu’il simule un désaccord et prend de la distance avec l’une de ses ravisseuses ; il recule et recule encore jusqu’à tomber de son perchoir : une étagère ou une table.

   Pourtant, comme chez tous les êtres humains, les mains me sont absolument nécessaires ; l’une d’elles est encore assez adroite pour agiter la plume et manier le poème ; pour traduire, analyser et transcrire mes pensées et ainsi glisser élégamment sur une page.

 

   Il y avait très longtemps que je ne m'étais pas penché sur mon blogue ; j'en suis désolé ! Étienne

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 16:39

On peut se sentir vieux à tous les âges de la vie, par rapport à ceux qui naissent ou à ceux qui nous précèdent, dans l’échelle des âges. Plus on avance en âge, plus on a tendance à se comparer aux plus jeunes. À la fin de la vie, la déchéance qui s’impose suffit amplement à occuper l’esprit. On n’a plus pour horizon que cette fuite en avant, à la recherche du temps perdu et des illusions. On analyse anxieusement – quand la pensée l’autorise encore – la situation dans laquelle on s’éteint lamentablement et péniblement. Que va-t-il advenir de moi, se demande le déchu. Dans une certaine mesure, c’est effrayant et déshonorant, cette perte de son identité, cette perte d’autonomie, alors que l’homme, d’un orgueil illimité, se targue d’accomplir des exploits techniques et sportifs extraordinaires, de construire toujours plus haut (immeubles, ponts suspendus,…) et plus grand (navires, avions,…), de fabriquer toujours plus petit (ordinateurs, tablettes, caméras miniatures,…). En revanche, il est bien incapable de mettre en place un système agréable qui permette à l’extrême vieillesse de se passer dans des conditions supportables, sans qu’elle serve de prétexte à l’ouverture de plus en plus de maisons de retraites, d’instituts médicaux et autres mouroirs dans lesquels on dépose de pauvres humains en voie de décomposition.

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 15:18

   Voyageur – Les sorties véritables furent rares pour moi depuis le début de l’année : une journée au bord de la mer en l’agréable compagnie d’une nièce – nous avons bénéficié d’un temps exceptionnel, jour béni au milieu d’une période pluvieuse, à la fin du mois d’août ; puis une visite au château de Troissereux à l’occasion des journées du patrimoine, avec un couple d’amis. C’est tout, oui ! Le résumé de mes voyages tient en ces quelques lignes. Je ne m’en plains pas ; compte tenu de mon état de santé et de la désagréable compagnie d’un fauteuil électrique, je n’ai pas tellement envie de m’exiler momentanément hors de mes murs, dans des lieux hostiles où le danger opère. Toutes les formes, les jeux, les couleurs, les parfums, les fééries,…, sont en mon esprit. Il me suffit de secouer ma mémoire assoupie pour que les images en jaillissent, saisissantes de vérité. Même si elles ne sont pas aussi précises et grandioses que dans la réalité, elles sont tout aussi animées et riches que si elles apparaissaient devant mes yeux au détour d’une route, d’un chemin forestier ou d’un sentier de haute falaise. Quand il ne nous est plus loisible d’être un voyageur véritable ou occasionnel, il est nécessaire de se construire ses propres paysages somptueux et ses monuments prestigieux. On devient un artisan du bâtiment, un architecte et un paysagiste. On est un créateur.

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 17:13

   du 21 août – Trapéziste – Ce matin à l’aube, une petite araignée descendait le long de l’angle d’un confiturier… rempli de livres, et, excellente trapéziste, elle tricotait sa toile à mi-hauteur entre le sommet et la base du meuble, en même temps qu’elle semblait jouir de sa lente descente, sans doute également rafraîchissante, en cette période de chaleur accablante. J’en avertis mon auxiliaire, laquelle convoqua les juges de son tribunal encéphalique et, en moins de temps qu’il en faut pour l’écrire, le jugement fut prononcé, elle abattit l’aranéide d’un coup de tapette à mouches. Il est curieux de constater que la belle à quatre paires de pattes mourut sous le léger marteau-pilon qui sert à tuer les diptères dont elle se nourrit. Après cette disparition, je m’interrogeai quelques minutes, en prenant mon petit-déjeuner silencieusement, sur l’arsenal impressionnant que les humains réunissent pour détruire les plus faibles, notamment les bêtes minuscules dont les défenses sont souvent conçues pour protéger leur territoire et ainsi pouvoir s’alimenter à peu près convenablement. Nous leur donnons peu de chance de survie ; leur droit à la vie est infime, face à nous. La lutte pour la suprématie de la force et de l’intelligence est terrifiante.

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