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  • : Mon but est de donner à lire des poèmes personnels, ou d'autres auteurs parfois ; des nouvelles, des notes sur le vocabulaire, la poésie, etc. Il s'agit d'un blog littéraire, en réalité.
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  • : 05/03/2007

Commentaires Récents

Lundi 6 juillet 2009
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   Dans un article publié le 04 avril 2008 par « Le Courrier Picard » à propos des sectes, on utilise des expressions dans lesquelles, naturellement, des termes anglais apparaissent, quelquefois que nous ne comprenions pas. J’ai ainsi relevé : « certaines techniques de coaching » et « les techniques de lobbying » Le même numéro parlait du « téléshopping », sur une autre page. Pourtant, ces trois termes ont des équivalents français : entraînement pour le premier ; influençage, pression ou influence pour le deuxième ; et téléachat pour le dernier.

   Un articulet du dimanche 20 avril 2008, publié par « Le Courrier Picard » nous signale qu’une épreuve de la « Fun cup » avait lieu à Dijon. À quand le verbe « funcuper » ?

   Savez-vous que la société Michelin a sans doute été rachetée ? Et bien, oui, hier soir une publicité télévisée gravait dans le coin inférieur droit de l’écran les mots suivants : « Michelin », et dessous : « Onway ». J’en ai donc déduit que le rachat de cette société avait été fait sans que nous le sussions, vu qu’elle commençait à exprimer sa pensée en anglais. Ah non, ce n’est pas cela ? Pardonnez-moi, alors !

   Encore une fois, je regrette beaucoup que journaux et revues ne traduisent plus les titres des films étasuniens qu’ils présentent au fil de leurs pages dites culturelles. Je ne comprends pas ces titres, naturellement, et j’imagine que je ne suis pas le seul dans ce cas. Le 23 avril 2008, par exemple, Le Courrier Picard citait divers films, et aucun titre n’était traduit. En voici un : « Funny games U.S. » Même des expositions sont désormais titrées en anglais, dans notre pays, comme celle-ci, à l’Historial de la Grande Guerre de Péronne : « War in the gulf »

   « Version Femina », n° 317 du 25 avril, nous coupe le souffle. Elle commence avec « La playlist hebdo », rubrique dans laquelle ne figurent que trois titres en anglais, rien d’autre. Les autres langues de la planète sont oubliées. Suivent « modeshopping », « best of femina », et enfin « 5 jeux pour se faire du bien : dancing stage universe, mon coach particulier, let’s yoga, brain tonic, face training » Pour se donner du courage, on peut toujours se dire que ça pourrait être pire !
     Bonne semaine, amis lecteurs... peut-être en vacances. Étienne.

Lundi 29 juin 2009
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   « Le lycée Jeanne-Hachette de Beauvais, dans l’Oise, lance la fashion day », titrait Le Courrier Picard du 22 mars 2008 dans un article. L’un des thèmes sera « teen ». Il est tout de même étonnant qu’on nous annonce des événements avec du vocabulaire anglais, sans aucune explication sur la signification exacte des termes, jugeant sans doute que nous ne sommes déjà plus tout à fait des Français, ou que nous sommes assez anglicisés pour comprendre.

   Le même quotidien, mais du 24 mars, nous fait part de « L’art de retrouver les formes » grâce à « La lingerie modelante rebaptisée morphing wear ». Ce doit être efficace et magnifique, sans aucun doute. Mais ne serait-il pas préférable de modeler les phrases et les mots dans l’argile d’un excellent français ?

   Afin de mieux imprégner d’anglais le cerveau des enfants, on a nommé « une course citoyenne » (sic) le « City Raid », « course nationale, sportive, ludique et civique », dont c’est la 6e édition. La course se déroulera pendant deux mois dans 60 villes de France et sera réservée aux enfants de 10 à 13 ans. Jeunes citoyens, participez au « City Raid », souhaite Le Courrier Picard, qui nous communique cette information dans son édition du 26 mars 2008. 

   Le magazine « Version Femina » récidive, dans son n° 313 du 28 mars 2008. Il parle de « vintage attitude », de « looks » de rêve, de tendances « low coast », à propos de mode, et les photos des mannequins sont prises devant des affiches qui portent les doux vocables suivants : « star games », « snack », « salon de coiffure 5 ways ». Les lunettes, elles, viennent de chez « Sky Eyes », à moins que ce soit leur nom et non celui du fabricant. Belle brochette de mots savoureux ! J’ai aussi relevé cette merveilleuse phrase : « le sandwich, la star du snacking ».
   Bonne semaine, rares amis lecteurs. Et à très bientôt. Étienne.

Lundi 22 juin 2009
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Micro-nouvelle – Les faux ennemis – Un peu de chaleur nous arrivait enfin, ce dimanche d’avant l’été. Alexandre méditait au lit, encore à demi ensommeillé, en attendant Claudie, qui s’occupait de lui de temps en temps. C’était une belle jeune femme, bien faite, séduisante, sensuelle. Seuls ses pantalons mouraient d’envie de changer de métier. Elle était en retard et il avait fallu qu’il lui téléphonât pour secouer son sommeil de plomb, après sa soirée de travail tardif dans une unité de restauration rapide. Comme à l’ordinaire, à son arrivée ils se mirent à parler de choses et d’autres, à se demander de leurs nouvelles, souvent en riant, car Alexandre aimait particulièrement la rigolade, les jeux de mots… ça le changeait de la routine quotidienne. Claudie évoqua les difficultés qu’elle rencontrait avec celui qui partageait sa vie ; la tension était parfois vive entre eux, disait-elle. Ils abordèrent aussi les occupations qui meubleraient leur journée : l’essai d’une voiture pour elle, la profession de foi d’une petite-nièce, pour lui. Elle lui demanda quelques explications à ce sujet, lui redisant la détestation incurable qu’elle avait envers le frère d’Alexandre et son épouse, grands-parents de la communiante. Alexandre ne s’emportait pas, ne protestait pas, quand Claudie lui parlait ainsi sans ambages de sa proche famille à lui, car il avait analysé depuis longtemps la mécanique ondulatoire de l’encéphale, et il savait très bien qu’on ne pouvait pas en extirper la haine qui y avait élu domicile au cours des événements. Parfois, cela se transmettait de génération en génération, sans qu’à la fin on comprît vraiment ce qui avait amené-là les ennemis – ou supposés tels. Il savait aussi que ce genre de haine était l’aboutissement d’un long cheminement de la pensée, et qu’elle ne venait pas subitement, en claquant des doigts ; c’était un processus savamment orchestré par les petites rancœurs, les vexations, les refoulements, les humiliations subies. C’était une sorte de progression arithmétique lente qui prenait petit à petit possession de l’esprit et se manifestait dans les deux clans dès qu’ils entraient en contact visuel l’un avec l’autre.

   Le travail de Claudie tirait à sa fin, elle allait bientôt fumer une cigarette en compagnie d’Alexandre – un moment béni ! – et prendre congé, quand le frère et la belle-sœur de celui-ci arrivèrent impromptu, en route qu’ils étaient pour l’église où se déroulerait la cérémonie religieuse de la communiante. Premier étonnement d’Alexandre : dès que Claudie eût achevé ce qui l’occupait, elle s’approcha des arrivants et embrassa presque chaleureusement les « ennemis » sur lesquels elle débagoulait quelques instants auparavant, eux-mêmes se considérant aussi comme ennemis de la première. Deuxième  étonnement d’Alexandre : pendant qu’elle terminait sa tâche, Claudie se mit à expliquer avec force détails, ce qu’elle allait faire aujourd’hui –  essayer une voiture –, puis précisa ses projets d’avenir avec son « ami de vie», lequel passerait sans doute son permis bientôt, indiqua son salaire, parla de l’emprunt qu’elle devait contracter pour l’achat d’une nouvelle voiture, bref ! elle leur déballa tout, alors qu’à peine une heure avant, elle les stigmatisait. Troisième étonnement : le frère et la belle-sœur ne restèrent-là qu’un quart d’heure environ, et à l’annonce de leur départ, Claudie se leva, les embrassa à nouveau très vivement… Pour Alexandre, rien, pas un baiser, seulement une simple et molle poignée de mains ! Il en resta pantois, en fut dépité.

   Dans certaines circonstances, les ennemis le sont-ils vraiment ? Ne sont-ils pas de faux ennemis ? En public, ils se jaugent, s’écharpent, se narguent, se targuent d’être supérieur à l’autre, s’opposent violemment sur des sujets parfois bénins. Bref ! ce sont des ennemis de façade, pour la frime. Dans le privé, ils s’embrassent, se congratulent, se font des confidences, semblant se réjouir de cette situation, de cette dualité dans la façon de se conduire. Sans doute pensent-ils : « On s’est bien foutu de vous autres, les nuls ! ». Mais tout le monde ou presque ignore ce comportement pour le moins bizarre ; les accolades s’exécutent en dehors du circuit, à l’insu d’autrui.. Ah ! l’incorrigible nature humaine. 

       bonne semaine à tous.

Étienne
Mardi 16 juin 2009
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   Dans une espèce de publicité pour le cinéma, des Réseaux Professionnels du spectacles, je lis : « Coaching et training face à la caméra ». J’espère que vous serez, comme moi, heureux d’apprendre cette nouvelle intéressante. Dans le même message, je lis aussi : « Coaching voix-off ». Quelle science vocabulistique ont ces gens ! 

    Dans le n° 311 (mars 2008) de l’anglophile « Version femina », les sous-titres de l’article « majournéenumérique » sont ainsi rédigés : 8 H 30 JE NEWS ; 9 HEURES JE SMARTPHONE ; 9 H 30 JE MAILE ; 10 HEURES JE MAPS ; 10 H 15 JE MP3 ; 11 H 15 JE PODCAST ; 12 H 30 JE SERVICE EN LIGNE ; 13 HEURES J’E-SHOPPING ; 13 H 45 JE DS ; 14 H 30 JE RESEAUTE ; 15 HEURES JE SMS ; 15 H 30 JE MSN ; 18 HEURES J’IMAGE ; 19 HEURES JE WII FITNESS ; 19 H 30 JE BLOGUE ; 19 H 40 JE FLUX RSS ; 19 H 45 JE DIGG ; 19 H 50 JE DAILYMOTION ; 21 H 30 JE VOD (video on demand). Bien entendu, toutes ces informations sont rédigées telles que je vous les livre, c’est-à-dire en lettres capitales. Avec tant de néologismes verbaux, notre langue prospère, n’est-ce pas ?

    La revue « Réponse à tout » n° 213 de mars 2008 signalait dans un article que la société française MDI, basée à Carnos, sur les hauteurs de Nice, développait un projet de voiture automobile fonctionnant à l’air comprimé. Les trois modèles qu’elle proposerait se nomment ainsi : la « Onecat », la « Minicat », la « Citycat ». Cette entreprise française ne pouvait pas mieux choisir le nom de ses modèles pour respecter la langue en usage dans son pays !  Bonne semaine. Étienne
Vendredi 5 juin 2009
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   On ignore comment naissent de nouveaux termes, employés des dizaines de fois en peu de temps, comme les « bobos », il y a sans doute quelques années. Depuis deux ou trois semaines (j’écris ces mots au début du mois de février 2008 ! ) on entend et on lit fréquemment l’expression « bling bling ». Que signifie-t-elle exactement ? On ne le sait pas ! Toujours est-il qu’elle est employée au sujet de personnes qui défraient la chronique, qui semblent constamment excitées, qui convertissent leurs désirs en produits de luxe. Les « bling bling » ont une fâcheuse tendance à mépriser les pauvres, les sans grade, les sans voix.

    Lors d’une séance de « speed dating » à laquelle j’ai participé « online », on m’a accordé une « wild card » afin que je puisse assister à la présentation du nouveau 4x4 koleos de Renault, un « crossover » dernier cri. Ensuite un « talk-over » commença. Ces phrases sont-elles écrites en bon français ? À vous de me le dire. J’ai relevé les mots entre guillemets dans des journaux de février 2008, mais leur signification exacte m’est inconnue, alors je m’essaie à la composition pseudo française ! D’après un document reçu par la messagerie, il paraît que le terme « koleos » vient du grec et signifie « couille ». Si c’est exact, bravo à Renault, pour le choix des noms de ses véhicules ! (Eh bien, c’est juste, je viens de vérifier sur l’Internet).

    Le petit magazine « Version femina » est très anglophile. Le n° 308 du 22 février 2008 ne fait pas exception à la règle. La couverture annonce déjà la couleur : « mode seventies ». Le dossier « mod et en dance » (sic), nous met de suite à l’aise, grâce à son titre ronflant : « Cool TOUJOURS ». Nous trouvons ainsi les modèles suivants : « baba sexy », « deep purple », « like Janis Joplin », « peace and love ». Incroyable, non !
   Soyez bons, lecteurs, amis ! Étienne.

Mardi 2 juin 2009
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   Une étiquette autocollante apposée sur une grande enveloppe reçue d’une amie, porte le texte suivant : « WWF – CHANGE YOUR ATTITUDE for a living planet ». Comme je suis chez moi, sauf avis contraire, et que j’ai horreur qu’on me caresse dans le sens du poil en langue étrangère, je me suis mis à porter des fourrures britanniques et à manger du koala. Vous me verriez, à table avec ma fourrure en train de grignoter une cuisse de l’animal !

    Feuilletant un catalogue, je lis « dress code ». Je me dresse alors sur mes ergots, prends un air courroucé, attrape mon code civil et enfile ma jupe écossaise. Voilà ce qu’ils méritent, me dis-je ! Un peu plus tard, j’ouvre mon quotidien et m’aperçois que les propriétaires de l’ « Irish pub » d’Abbeville, dans la Somme, sont nouveaux. J’en suis heureux !

   Une saine lecture d’un pavé publicitaire, envoyé par « Vegetal water », porte à ma connaissance que toutes les coordonnées de l’entreprise sont françaises, et que celle-ci utilise un conditionnement en « Bag in box ». Quelle joie de l’apprendre ! Du coup, j’ôte ma bague et me dirige vers le box de mon cheval, car j’ai décidé de faire une petite séance d’équitation, même s’il pleut.  

   Grâce à l’affaire de la Société Générale, une « bonne banque » dans laquelle les hiérarques ne savent rien, ignorent les agissements de leurs subordonnés et ne connaissent apparemment pas les rouages du fonctionnement de leur propre système, nous avons entendu mille et une fois le mot « trader » mais il nous est cependant difficile de savoir ce qu’est exactement ce genre humain. Pourquoi ne dit-on pas « spéculateur », puisqu’il s’agit de ce genre d’individu ?

   Un français, Joseph Sifakis, reçoit le « prix Turing » de l’informatique, nous apprend « Le Courrier Picard » du 6 février 2008. Il est l’inventeur du « model-checking », ajoute le journal. Ce serait « une technologie de vérification des systèmes complexes ». Nous sommes très heureux de le savoir et curieux de tester la technique !
   Étienne vous remercie de votre lecture.

Lundi 1 juin 2009
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   D’après « Le Courrier Picard » du 23 janvier 2008, la « séquence présidentielle » quotidienne est inspirée d’une méthode mise au point à la fin des années 90 par des « gourous anglo-saxons spécialisés dans le marketing et la communication politique. C’est une redoutable machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits. […] Sa finalité est d’occuper l’opinion avec – chaque jour – quelque chose de nouveau ». Évidemment, personne n’a été en mesure de trouver une traduction à ce style caractéristique de faire de la politique-spectacle, et que l’on nomme de ce beau nom : « storytelling ». Depuis mai 2007, nous vivons cela avec un certain agacement, car chaque épisode du feuilleton est similaire au précédent

    Autrefois, les magazines de télévision et les quotidiens traduisaient systématiquement tous les titres des films anglo-saxons, comme le font encore nos amis québécois. Cela avait au moins l’avantage d’être compris par tout le monde. Aujourd’hui, tous ces titres demeurent en anglais dans la presse, car les rédacteurs ont déjà le sentiment que la France est une Nation bilingue, leur comportement ayant pour conséquence, pensent-ils, l’inutilité de la traduction des termes anglais.

    Qu’apprends-je de notre quotidien « Le Courrier Picard », information qui fut aussi relayée par tous les médias ? Qu’une énorme fraude ébranla la Société Générale, grande banque française ! Et c’est justement parce qu’elle est française que l’on nous indique qu’un « trader » a fraudé à l’intérieur de sa propre entreprise, la dite banque. Il fut employé dès 2000 au « middle office ». Vous voyez, que nous sommes bien en présence d’une banque française ! Dans le même journal (26 janvier) on nous informe qu’un « pass-Beauvais-Oise » permettra aux automobilistes qui en seront munis, d’emprunter gratuitement l’A 16 sur une portion pour rejoindre la RN 31. Il s’agit d’un « télébadge Liber-t » à positionner sur le pare-brise, ajoute-t-on. Grâce à ce charabia, on saisit vraiment bien les desseins des autorités locales, n’est-ce pas ? 
    Bonne semaine. Étienne.

Mardi 26 mai 2009
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     Dans un numéro de « Valeurs actuelles » de janvier 2008, un articulet signale les bonnes résolutions du ministre Xavier Darcos, qui a réaffirmé dans un document la nécessité d’accorder « une priorité absolue à l’apprentissage de la langue française tout au long de la scolarité ». J’espère que les dieux ont entendu ce souhait et qu’ils sauront rappeler ses paroles à notre ministre en exercice ou au suivant. Car il est curieux que chaque ministre qui a en charge l’Éducation nationale fasse le constat du mauvais apprentissage de notre langue, émet sensiblement le même souhait que M. Darcos, puis oublie systématiquement son intention première de redonner souffle à notre bonne mère la langue.

    J’apprends par la même revue que « Logitech » devait commercialiser à la fin du mois de janvier un mini clavier, le diNovo Mini, équipement périphérique d’un ordinateur, capable d’être relié à un media center par le système bluetooth. Ce clavier dispose d’un click pad rond. D’autre part, la console « Nintendo » permet désormais de mieux parler l’anglais grâce à son système « english training », d’être plus zen en utilisant « let’s yoga » et de devenir plus beau en employant le « face training ». N’est-ce pas merveilleux ? Nous nous plaignons tout le temps, alors que nous pouvons faire tout cela avec la même machine. Je vous l’explique en notant les termes exacts, mais en vous demandant votre indulgence si jamais mes explications sont erronées, car j’ai moi-même bien du mal à suivre ! 
   A bientôt. Étienne

Vendredi 15 mai 2009
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   Depuis environ deux ans, je collecte des informations, au cours de mes lectures, sur l'emploi des termes anglo-saxons dont on nous abreuve à longueur d'articles de journaux ou d'émissions de télévision. J'y ajoute parfois des réflexions à ce sujet. En même temps que je les envoie à la revue « Fraterniphonie », j'ai pensé qu'il était possible aussi que je les livre à votre lecture.

Depuis plusieurs mois, on nous rebat les oreilles avec les « subprimes » (prononcez : seubpraème), de ses dangers, de l’inquiétude des places boursières à cause de cet énergumène de mot. Peut-être serait-il judicieux de supprimer le mot pour que l’indice du CAC 40 reparte à la hausse ! Questionnant beaucoup de gens à propos de ces « subprimes », je me suis rendu compte que presque personne n’était en mesure de me donner la signification exacte du terme. Je ne le comprends pas bien moi-même. Je tiens à faire remarquer aux lecteurs que l’on comprend immédiatement l’objet d’un terme, ou d’une expression, dès lors qu’il est traduit en français, même si le sens précis nous échappe. En revanche, il nous est souvent impossible de saisir l’objet et le sens de termes anglais, surtout s’ils sont issus des milieux de l’économie, de la finance ou des sciences. 

    Par le rejet pur et simple de ses langues nationales, l’Europe est en train de perdre son âme. Le plus tragique, mais aussi le plus émouvant, c’est qu’elle le sait, qu’elle en saisit la portée, mais que, dans une sorte de fuite en avant, elle fait tout, par l’intermédiaire de ses élites et de ses politiciens, pour accélérer le mouvement de sa destruction et de sa disparition, en tant que continent indépendant et responsable, dans les flammes de son suicide linguistique. Ce n’est pas que nous ne pouvons plus rien faire, c’est que nous ne voulons plus rien faire. Nous aimons nous noyer dans la pseudo-culture coca-colesque d’Outre-Atlantique. Ainsi, nous sommes persuadés que nous n’avons plus, que nous n’aurons plus de responsabilité, étant donné que nous demeurerons à la remorque et sous le commandement du grand frère étasunien.  22.01.08 - Étienne.

Jeudi 14 mai 2009
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   Au cours de mes modestes lectures, il m’arrive souvent de tâter de l’anglais sans connaître le sens des mots qui me sont proposés comme ça, subrepticement. Quantité de termes nouveaux, ou inconnus de moi, me montent ainsi au cerveau, l’encombrent, le modèlent selon une pensée qui n’est pas la mienne. Des phrases me sont incompréhensibles, du coup, car les auteurs d’articles, pris par une sorte de frénésie, de mécanisme intellectuel qui leur fait croire que tous leurs lecteurs sont censés connaître les mots qu’ils utilisent, ne prennent plus la peine de les traduire, de nous les expliquer. Ainsi, dans « Valeurs Actuelles » du 11 janvier 2008, Christophe Plotard titre : « Gare au Multitasking ». Il faut entrer dans le texte pour avoir une brève explication : le multitasking est un « mélange de plusieurs activités simultanées, en français, le multitâches ». Puisque l’auteur finit par découvrir que tel mot français conviendrait à la place de l’anglais, pourquoi donc ne l’emploie-t-il pas ? Ce serait plus clair pour tous les lecteurs.

    Il paraît, selon Le Courrier Picard du 20 janvier 2008, qu’un « rite mortifère venu d’outre-Manche » consiste à s’enivrer très rapidement ; on appelle cela le « binge drinking ». Cette expression m’apparaît pour la première fois dans les lignes de ce quotidien, et il y a fort à parier qu’elle demeurera un bout de temps dans les médias, car elle vient de là où je l’indique plus haut ; elle est donc formidable, à n’en pas douter !

Étienne

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