Samedi 5 mai 2012
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Bizarre ! – Il est tout de même étrange que le chef de l’État, aussi hystérique et démagogue soit-il, tienne des propos qui frisent la paranoïa, dans
la mesure où il se plaint d’être persécuté en même temps qu’il exprime son délire de grandeurs. Au meeting de Toulon, avec des gestes et des mimiques quasi incontrôlés, il accusa par ailleurs la
gauche « d’abîmer la République » (de quelle manière ?), il agita la menace absurde « d’expériences folles » (lesquelles ?) qu’elle tenterait de
mettre en place, ou encore l’accusa de ne plus « aimer » (pour quelles raisons ?) la République. Nous sommes-là en présence d’une folie langagière totalement stupide,
destinée à répandre la terreur, à susciter l’effroi afin de gagner quelques dizaines d’électeurs inintelligents. Quelle que soit l’opinion de tel ou tel Français, d’un côté ou de l’autre de ce
que l’on nomme l’échiquier politique, comment se pourrait-il que l’un ou l’autre abîmât la République, qu’il n’aimât pas son pays, sa région, sa république, et qu’il fît tout pour semer le
désordre par le biais d’expériences folles ? C’est tout bonnement extravagant ! Heureusement que, forts de nos expériences raisonnables, nous considérons ce spectacle bizarre et
affligeant comme du théâtre de boulevard, comme une comédie légère et divertissante. Oublions les propos racoleurs du quidam, destinés à capter l’électorat de l’extrême droite ! La
politique, c’est tout de même plus sérieux que cela, non ?
Bonne fin de semaine, amis !
Étienne.
Vendredi 4 mai 2012
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Vrai
ou faux – M’étant
penché sur le vrai travail, une expression qui fait fureur chez les droitiers qui n’aiment pas les pauvres et les syndicalistes, je suis entré en contact avec le BIT – Bureau international du
travail – afin de leur demander s’il existe un vrai et un faux travail, comme un vrai tableau et une pâle copie. Il m’a été répondu que personne n’en savait rien ; que le faux travail n’est
même pas une copie du vrai puisque, par essence, il n’existe pas ; que le faux travail, dans l’hypothèse de son existence invisible, n’est pas inscrit dans les registres d’état civil. Le
faux, c’est ce « qui est contraire à la vérité, imaginaire, inventé, feint, mensonger, qui n’est pas réellement ce qu’il devrait être… », autant d’éléments de définition
relevés dans Le Grand Robert. Donc, le faux travail ne peut exister d’aucune manière, puisqu’il est ce qui vient d’être signifié ; ou plutôt qu’il n’est pas ce que d’aucuns voudraient qu’il
soit. Comment, en effet, annoncer chaque matin : « Je me rends à mon faux travail ! » C’est ridicule, absurde ; par conséquent le chef de l’État qui a cru intelligent de faire
la distinction entre le vrai travail et le faux, a tenu des propos absolument grotesques et stupides. Sans doute l’ignore-t-il, son langage étant truffé de fautes de français qui écorchent les
oreilles. Ce faux travail inventé de toutes pièces, donc, meurt avant de vivre. Peut-être allez-vous penser que ce que je fais-là, tentant de vous éclairer sur la non-existence du faux travail,
est justement ce faux travail. Et bien, non ! Cet exercice d’écriture me demande de la réflexion, de l’effort, du travail et les caractères qui composent ce texte ne pourront jamais être
considérés comme faux, la fausse écriture, ou non-écriture, étant vide, nulle et non avenue.
Bonne fin
de semaine, amis lecteurs. Étienne.
Jeudi 22 mars 2012
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Terre et feu (3) - Voilà
qu’ayant emprunté ornières et fondrières, je me retrouvai sous le feu de la lampe solaire. Extraordinaire ! Mon but était atteint ; je venais de partager le repas de deux éléments, la
terre et le feu, et je les mariai uniquement pour le meilleur. Je n’avais plus qu’à regagner mon logis et signer un traité de paix avec ce qui me déplaisait le plus dans la vie dérangeante que je
menais au sein des objets hétéroclites rongeant mon temps.
(Article
écrit pour une revue du Nord) - Bonne lecture. Étienne.
Jeudi 22 mars 2012
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Terre et Feu (2) -
M’enfonçant toujours plus à l’intérieur des terres, je pris bientôt conscience qu’une lueur
diffuse venait vers moi. C’était l’aurore ! Le temps n’ayant pas de prise sur ma fuite, en quelques instants le feu du soleil se mit à lécher la plaine. Pas de feu de l’Enfer ni de feu de
volcan ici, non ; simple-ment le feu solaire qui fait baisser les yeux ; j’avais beaucoup à apprendre, par lui : configuration du paysage, couleurs, localisation… car j’avais
marché longtemps, me semblait-il, et il me tardait de savoir si la terre et son feu éclairant s’accordaient bien ensemble. Du feu, je n’en aime que deux variétés : celui du soleil et celui
du chauffage ; accessoirement, celui de l’amour, qui brûle parfois d’une belle flamme bleue, mais reste souvent éphémère ; les autres feux : ceux de la foudre, des
hauts-fourneaux, ceux qui brûlent les maisons, les forêts et les savanes, ceux qui servent à torturer, le feu nucléaire, etc.., me sont insupportables. J’aime particulièrement les flammes du feu
de bois dans la cheminée. Mais, là où j’étais, en ce matin d’évasion jouissive, aucune trace de ces genres de feux n’était visible, sauf, peut-être, par photo aérienne, celle d’un foyer
circulaire de nos ancêtres les Gaulois ! Mais je n’avais ni avion ni appareil photos. Le feu m’a toujours fasciné ; enfant, je tirais des brandons de la cuisinière à bois et me
promenais dans la maison, au grand dam de mes parents. Jamais mon imprudence insouciante ne provoqua d’incendie, fort heureusement.
Jeudi 22 mars 2012
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La Terre et le Feu (1) – J’avais l’intention de m’enfuir de cette maison ; non pas que je m’y trouvasse mal à l’aise, mais j’avais l’impression que le
modernisme outrancier qui s’y était introduit au fil des ans m’ôtait toute liberté ; payer le loyer, les notes et les factures, surveiller la multitude de matériels qui siégeaient en maîtres
absolus de mon esprit, les réparer, les remplacer, en recharger batteries ou piles, acheter la dernière trouvaille, demeurer des heures devant la télévision, etc., sont des espèces de charges
quotidiennes qui n’aident en rien la tranquillité. Elles représentent une menace pour l’esprit. Je me résolus donc à partir alors que la nuit dormait encore en broutant calmement les étoiles dans
son sommeil. Sans faire de bruit, je pris l’allée du jardin ; dès mes premiers pas, je devinai enfin l’œil de la liberté observer ma déambulation. Je sentis la terre dense, grasse, humide
chuinter sous mes semelles et s’y coller. C’était encore une terre d’hiver, froide et glabre, une terre triste et pleureuse, mais je l’entendais respirer, fredonner ses espérances à chaque
enjambée que je faisais ; elle approuvait ma présence, se parait des meilleurs sillons, attendant de recevoir les semences qui la pénètreraient, l’engrosseraient, sensations qu’elle n’avait
pas connues depuis longtemps. La terre m’aimait et je l’aimais ; nous reprenions vie tous les deux et cette glaise exsudait des brouillards de ma mémoire. Son visage originel me transportait
d’enthousiasme. Bien que la nuit fût encore prégnante, je discernai les courbes mélodieuses des collines terraquées remplies de promesses de vie. Les métronomes de mes pieds, lourds de boue
gluante, se levaient et gagnaient du terrain sur la civilisation prisonnière de ses excès. La plaine immense du Plateau picard m’appartenait et je savais que sa riche et opulente terre me
nourrirait. Parfois, j’employais toute ma ruse pour ne pas heurter un arbre-soldat qui s’enveloppait d’un voile de brume protecteur ; cette sentinelle, profondément enracinée dans la terre,
gardait jalousement son terroir et jouissait d’une vue imprenable sur les événements qui s’y déroulaient. Ah ! ma terre, que de labeurs tu fais faire en ton nom.
Mardi 20 mars 2012
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Francophonie
– Aujourd’hui,
en même temps que l’arrivée du printemps dans notre hémisphère, a lieu la Journée internationale de la Francophonie. Aussi suis-je amené à confirmer que « Le français est une
chance », comme je le lis souvent dans des revues de défense de la langue française. Celle-ci est une langue bien structurée, précise, agréable à entendre et encore parlée sur tous les
continents, comme l’anglais ; elle permet de s’exprimer avec justesse, contrairement à la langue anglaise, fort imprécise – ce n’est pas moi qui l’affirme ! L’employer correctement chez
nous et plus fréquemment dans le monde permettrait d’atténuer les effets de plus en plus pervers de l’intrusion de l’anglais dans notre vie quotidienne, nos commerces, nos entreprises, nos écoles
et nos universités ; cette véritable invasion, dans tous les pays et dans tous les domaines, est une plaie pour beaucoup de langues et les autorités concernées comme les défenseurs ne savent
plus de quelle manière contenir le fléau. Nous constatons aussi – comme chez nous – que l’utilisation massive de l’anglais est encouragée par les politiciens de tout bord et les chefs
d’entreprises multinationales, complices d’une détérioration des langues nationales, voire de leur disparition progressive dans des pays de moyenne importance. La Francophonie est donc une chance
à saisir pour la langue française, si les nations qui ont le français en partage s’allient vraiment pour le protéger et le diffuser. C’est aussi une chance pour la préservation de la culture
francophone, si les élites des pays francophones savent lui donner l’essor qui convient à son universalité. Nous en sommes encore très loin. Enfin, si nous ne voulons pas, à plus ou moins long
terme, baigner dans une culture unique anglo-saxonne, il est temps de prendre conscience que l’usage du français et la diffusion de la culture qui est liée à cette langue est une chance. Si la
politique du laisser-faire continue d’être encouragée, cette chance ne passera peut-être pas une seconde fois.
Bonne
lecture et bonne journée. Étienne.
Samedi 25 février 2012
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– Hiver – Depuis le
temps que nous nous plaignions de ne pas avoir vraiment d’hiver, que nous rêvions d’en vivre un aussi rude que ceux d’autrefois, et bien, cette fois, c’est fait, nous avons bien profité du grand
froid pendant trois semaines et d’une belle facture de carburant. La beauté d’une facture et du chèque qui en règle le montant me sidère toujours ! De plus, la nôtre sentait le fioul ce qui
augmenta encore son pouvoir attractif. Nous avions eu beau installer des panneaux contre le gel, des pancartes en interdisant l’entrée sur notre territoire, rien n’y a fait, il nous est arrivé
sans crier gare. En 2011, nous avions eu l’hiver avant sa saison, c’est-à-dire à l’automne 2010 ; mais cette année, il a visé juste : février, en plein cœur de la saison qui porte son
nom. Nous avons calfeutré, glissé, patiné, grelotté, augmenté le chauffage… En Picardie, les chutes de neige furent en deçà de ce que le bon peuple et les enfants espéraient, mais il neigea
suffisamment pour que les balais entrassent en action dès l’aube, pour se frayer un passage jusqu’à la porte sur rue. Comme les conversations philosophiques de la population tournent
ordinairement et essentiellement autour du bulletin météorologique, ce fut un véritable plaisir de se retrouver autour d’un apéritif, avec glaçons s’il vous plaît, afin de discuter sur le
thème : « y a plus de saisons ! ». D’aucuns ont retourné leur veste : « y a trop de saisons ! », clamaient-ils. Nous fûmes donc de nouveau colonisés par
l’hiver et le froid idoine. Nous crûmes, à entendre les commentaires avisés, que c’était un vrai phénomène de civilisation. Ah ! les intempéries, quelle véritable invention de l’hiver. Sans
elles, que deviendraient nos conversations ?
Dimanche 12 février 2012
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Réponse
de
l’acteur Jean Dujardin, à qui l’on posait cette question : « ça vous plairait de faire carrière aux États-Unis ? », dans un télé-magazine d’octobre 2011 :
« Pas spécialement. Le luxe, la liberté de lancer des projets, de produire, je l’ai en France. Si j’avais une belle proposition, je ne dirais pas non, mais pas parce que c’est aux
États-Unis. Je ne peux pas m’imaginer m’installer là-bas, je suis trop Français. J’ai envie de tourner avec des potes, dans ma langue, et je trouverais lâche de me barrer. Je fais peut-être du
populisme, mais je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire ici. Je suis chauvin. Français à 300 % ! Au fond, l’Amérique, je m’en fous un peu… Et puis, ils ont déjà tous les acteurs qu’il
faut. ». Je retrouve cette note dans les petits morceaux de papier que je pose ici où là. La position de cet acteur correspond tout à fait à ce que je pense, bien que Dujardin adopte
quelquefois un style hollywoodien dans ses films, comme par exemple dans ce film muet français « The Artist », qui porte un titre bien français, comme vous le remarquez. En général, les
acteurs et les chanteurs ont des opinions blanches ou noires, selon leur humeur, selon ce qui les arrange à un moment donné. Ce sont des flagorneurs.
Je ne suis pas très assidu, n'est-ce pas ? Amitiés aux rares lecteurs. Étienne.
Dimanche 15 janvier 2012
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Politique,
économie – Il suffit
que trois ou quatre types, inconnus de tout le monde, cloîtrés dans un bureau luxueux, grassement payés, s’érigent en justiciers et décrètent que la France vient de perdre son triple A pour que
la dite France se mette à pleurnicher, à braire comme un âne dont la charge est trop lourde à porter. Nos gouvernants acceptent sans broncher la dictature d’agences dites de notation, uniquement
étasuniennes, qui font et défont les pays selon des critères, sans doute louables à leurs yeux, mais douteux aux yeux des peuples. L’on sait que la dégradation de la note d’un pays pèse
lourdement sur son économie, sur ses finances, sur la confiance que leur accordent les prêteurs et sur les intérêts de la dette ; donc, c’est le peuple qui subit les conséquences de cette
dégradation arbitraire, qui paie le plus lourd tribut à l’imprévoyance et à l’aveuglement des dirigeants. Alors qu’on vient en aide à un malade dont l’état de santé s’aggrave, on pénalise un peu
plus un État dont la santé économique n’est pas florissante. On achève même les pays les plus faibles, on peut le dire, en soumettant leur dette à des taux d’intérêt tellement élevés qu’ils sont
incapables de répondre aux sommations de leurs créanciers. Éluard écrivait « par le pouvoir d’un mot… je suis né pour te connaître pour te nommer liberté ». Sur le plan
économique, l’agence de notation pourrait dire : par le pouvoir d’une lettre, je suis né pour te détruire, liberté.
Bon
dimanche, rares amis lecteurs ! Étienne.
Dimanche 8 janvier 2012
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Bon début – Mon premier poème de l’année a vu le jour dès l’aube. L’incroyable s’est produit lors de sa relecture, quelques instants plus tard, ne
comprenant pas bien ce que j’avais voulu signifier. Il arrive que l’on se surprenne à tenter de comprendre ce que l’on vient d’écrire. Ainsi donc, je
perdis en un clin d’œil la compréhension de mon texte. Ce phénomène n’est pas récent, mais il a tendance à s’accentuer ; je n’ai aucune explication à en donner. Essayez d’imaginer dans quel
état peut-on se trouver, quand on ne se comprend plus tout à fait le monde poétique que l’on décrit ! Le mystère de l’écriture et de son jaillissement dans l’esprit reste
entier.
Voici mon premier petit texte de l'année ; je ne suis pas très assidu, amis ! Bonne année à
tous. Étienne.
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